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Epilogue

 
 

EPILOGUE

"Es-tu sûr de n’avoir rien oublié ? demande grand-père pour la troisième fois à son petit-fils en lui tendant sa valise.

Ma foi, Grisou est dans le cabas, j’ai mon billet de train, et papa et maman m’attendront à la gare. Non, vraiment, je crois que j’ai tout.

Quel dommage que tes vacances soient déjà finies, et qu’il te faille rentrer à Paris.

Oui, ces quinze jours ont passé tellement vite... ll me semble que je suis arrivé seulement hier.

Tu reviendras à Charmant Sommet, cet été, pour les feux de la Saint-Jean ; tu verras, c’est une fête magnifique.

Je te le promets.

Les voyageurs à destination de Paris, en voiture s’il vous plaît !"

Grand-père serre son petit-fils une dernière fois contre son coeur.

"N’oublie pas de m’écrire ! lui dit-il en guise d’au revoir."

Un coup de sifflet strident lancé par le mécanicien de la locomotive fait sursauter tout le monde sur le quai.

"Je n’y manquerai pas", répond Petit Pierre en montant dans le wagon. ll se hâte de rejoindre sa place et de s’asseoir.

Puis alors que le train s’ébranle dans une cacophonie de crissements, il lui semble reconnaître un visage dans la foule.

"La Dame ! crie-t-il à grand-père. La Dame !"

Mais sa voix se perd derrière le verre épais de la fenêtre fermée. Un espoir subsiste cependant : grand-père semble comprendre qu’il veut lui dire quelque chose d’important. Las ! Aux gestes frénétiques de son petit-fils, il répond par un signe d’adieu croyant que celui-ci le salue une dernière fois ! Petit Pierre se rassoit.

"Bah ! C’est peut-être mieux ainsi, je ne sais pas s’il m’aurait cru. Et puis, j’en suis encore à me demander si je n’ai pas rêvé l’autre nuit... Ah ! si seulement tu pouvais parler !"lance-t-il à Grisou en le caressant.

Le jeune félin se contente de ronronner dans son sommeil. Pelotonné contre son maître, il est heureux, il dort. Seul l’instant présent compte pour lui, quant au reste... Bercé par le bruit monotone du wagon sur les rails, Petit Pierre ne tarde pas à l’imiter.

"Hum ! Puis-je voir votre billet jeune homme ?" demande le contrôleur en tapotant sur l’épaule de notre ami.

Petit Pierre se reveille, bredouille quelques excuses, et finit par tendre le morceau de carton rose.

L’employé des chemins de fer poinçonne le ticket puis déchiffrant le nom inscrit, il s’exclame :

"Oh ! Vous êtes justement le passager que je recherchais. une dame m’a demandé de vous remettre ce colis.

Une dame ! De quoi avait-elle l’air ?

Trés belle ; enfin je crois. C’est étrange mais je n’arrive pas véritablement à me souvenir de son visage... Je sais seulement qu’elle avait l’air si gentille.

Ca ne fait rien, donnez-le moi, merci. ll me semble avoir déjà vu un carton comme celui-ci, songe Petit Pierre en défaisant le ruban qui retient le couvercle de la boîte ronde. Tiens qu’est-ce que c’est que ça ?" se demande-t-il en exhumant une espèce de galette toute plate. ll a beau la tourner dans tous les sens, il ne peut en deviner l’usage.

"Pourtant ça me rappelle vaguement quelque chose, mais je n’arrive pas à dire quoi. J’ai comme un trou de mémoire."

C’est le moment que choisit Grisou pour se reveiller et s’étirer de tout son long sur la banquette. Voyant son maître tenir un étrange objet à la main, il tente de s’en emparer du bout des griffes. Petit Pierre a un brusque mouvement de recul et la galette s’envole. Un voyageur qui ouvre la porte du compartiment à cet instant s’en saisit et... Clac !

"Sapristi ! Un vieux chapeau claque. Ne le jette surtout pas petit, il pourrait encore servir... Pour le jour où tu construirais un bonhomme de neige !"

FIN

Maintenant vous pouvez répondre aux questionnaires proposés.